Coffret AMAZÔNIA TOUCH

L’image tactile constitue un support de connaissance capable de rendre toutes formes de représentations 2D accessibles de façon non visuelle. 

Grâce au soutien de la Fondation Crédit Mutuel Alliance Fédérale, la Fondation VISIO s’est engagée dans une première mondiale : rendre l’art photographique accessible aux personnes aveugles ou malvoyantes à travers le coffret audio tactile AMAZÔNIA TOUCH. Leur engagement permet la fabrication de 550 exemplaires de ce coffret qui comprend 18 photos et 3 cartes transcrites en 21 planches en relief.  Ces guides, mis en ligne sur ce site, ont été conçus pour expliquer chaque photo et accompagner les doigts dans leur découverte tactile et leur lecture de l’œuvre.

Ainsi, l’utilisation de l’image tactile permet aux lecteurs non et malvoyants d’acquérir une culture graphique avec laquelle ils sont capables d’avoir accès à des œuvres artistiques ou à des chefs d’œuvre du patrimoine architectural

Les coffrets tactiles AMAZÔNIA TOUCH vont permettre la mise en place d’ateliers d’apprentissage à la lecture tactile pour les personnes aveugles ou malvoyantes, les enseignants et les professionnels spécialisés dans l’accompagnement des personnes en situation de handicap visuel.

Ces ateliers seront animés par Hoëlle CORVEST, experte dans le domaine de l’image tactile depuis plus de 30 ans.

Pour en savoir plus, contactez-nous au 02 41 68 15 18.

  • Paraná reliant le Rio Negro et la rivière Cuyuní. État d’Amazonas, 2019

    Situé dans le nord-ouest du pays, l’Amazonas est le plus grand des états du Brésil en superficie. Il est bordé au nord par la Colombie et le Venezuela et, à l’ouest, par le Pérou. Les paranás sont comme des « lacs » qui sont reliés aux grandes rivières par des canaux, appelés « furos ». En période de crue, lacs et grandes rivières ont tendance à se rejoindre, comme si le fleuve s’élargissait.

    Paraná reliant le Rio Negro et la rivière Cuyuní. État d’Amazonas, 2019
  • Adão avec une coiffe en plumes d’aigle et une peinture sur le visage faite à partir du fruit de l’arbre genipa. État d’Acre, 2016

    Le portrait de cet homme dénommé Adão, a été réalisé par Sebastião Salgado dans le village de Nova Esperança, qui se trouve sur le territoire indigène yawanawá du Rio Gregório. Les Yawanawá parlent le pano. Ils sont fiers de leur nom qui signifie « peuple du pécari » : cet animal, proche du sanglier, est l’un des plus redoutés de la forêt.

    Vivant au coeur de l’Amazonie occidentale, les Yawanawá ont été décimés par la colonisation et ses maladies importées, soumis en esclavage pour l’exploitation du caoutchouc et évangélisés de force, avant de récupérer leurs terres dans les années 1990. Jusqu’en 2014, leur population au Brésil était estimée à 813 personnes. Les membres de ce groupe ethnique occupent également des territoires en Bolivie et au Pérou.

    L’un des aspects les plus remarquables de leurs anciennes traditions est l’art plumaire : les Yawanawá créent en effet des parures parmi les plus élégantes de toute l’Amazonie, le plus souvent faites de plumes blanches d’aigle, un animal sacré pour eux. C’est ce type de coiffe que porte ici Adão, au visage couvert de peintures réalisées à base de colorants végétaux.

    Adão avec une coiffe en plumes d’aigle et une peinture sur le visage faite à partir du fruit de l’arbre genipa. État d’Acre, 2016
  • Les états brésiliens et le biome amazonien.

    Cette carte présente l’intégralité du territoire brésilien avec ses 27 états, distribués sur une superficie totale d’un peu plus de 8,5 millions de km². Elle est divisée en deux parties :

    • La partie droite (en gris) comprend les régions du nord-est, sud-est, sud, sud-ouest ainsi que la moitié du centre. Ici se trouve une grande concentration d’états brésiliens.

    • La partie gauche (en vert) couvre les régions du nord, de l’ouest et la moitié du centre. On y trouve moins d’états. Deux d’entre eux sont, néanmoins, les plus vastes du Brésil, occupant presque 1/3 du territoire total du pays : il s’agit de l’Amazonas et du Pará.

    Avec tout ou partie des états d’Acre, Roraima, Amapá, Rondônia, Mato Grosso, Maranhão et Tocantins, ils composent le biome amazonien.

    Le biome amazonien couvre une superficie de 6 700 000 km² sur plusieurs pays. Il comprend la forêt amazonienne, une zone de forêt tropicale humide et dense, et d’autres écorégions qui couvrent la majeure partie du bassin amazonien. Le biome contient des forêts inondées, des forêts de plaine, des prairies, des bambouseraies, des palmeraies, des marécages et de la savane, des landes de sable et de la toundra alpine. Pendant 7 ans, Sebastião Salgado va sillonner cette région pour la photographier, en naviguant sur les rivières, en survolant la jungle épaisse et les chaînes des montagnes et en vivant avec les communautés ethniques dispersées dans ce biome, au coeur de la forêt la plus vaste au monde.

    Les états brésiliens et le biome amazonien.
  • Arsa Kanikit Korubo (derrière) et Txipu Wankan Korubo (devant). Territoire indigène de la vallée de Javari. État d’Amazonas, 2017

    Arsa et Txipu sont des enfants de la tribu Korubo. Les Korubo sont aujourd’hui environ 120 individus vivant dans deux villages sur les rives de l’Ituì, dans le territoire indigène de la vallée de Javari, dans l’ouest de l’Amazonie, près de la frontière avec le Pérou.

    La peau des Korubo est toujours peinte en rouge avec une substance qu’ils obtiennent à base de graines de roucou, mais c’est la couleur de la boue qui leur a valu leur nom. C’est un peuple des hauts plateaux, loin des rivières et des moustiques qui peuplent leurs rives. Lorsqu’ils approchent de ses rives, ils recouvrent leur peau d’argile pour se protéger des piqûres. C’est en les voyant ainsi que leurs voisins, les Matis, les ont appelés « Koru-bo », peuple couvert d’argile.

    Ils ont aujourd’hui peu de contacts avec les autres peuples et leur culture traditionnelle est presque intacte. En dehors des peintures au roucou, de leur coupe de cheveux caractéristique et de deux brassards, ils ont peu de parure.

    Arsa Kanikit Korubo (derrière) et Txipu Wankan Korubo (devant). Territoire indigène de la vallée de Javari. État d’Amazonas, 2017
  • Groupe de palmiers jauari au bord de la rivière Jaú. Parc National de Jaú. État d’Amazonas, 2019

    Le Parc National de Jaú, d’une superficie de 23 000 km², est le plus grand parc national du bassin amazonien. Situé à 200 km environ au nord-ouest de Manaus, il contient une bonne proportion du réseau hydrographique d’eaux noires, avec la faune et la flore qui y sont associées. Sur un seul hectare de forêt, on peut trouver jusqu’à 180 espèces différentes de plantes et toutes sortes de types de palmiers, d’acajous, de fougères. La coloration noire des eaux est attribuable aux acides libérés par la décomposition des matières organiques et à la faible teneur en sédiments terrestres. Pendant la saison sèche, les cours d’eau se transforment en plage de sable blanc tandis que la saison des pluies inonde les forêts, en créant des lits secondaires de différentes tailles, des chenaux, des lacs et des paranos (bras de rivière séparés du courant principal par une bande de terre émergée).

    Les voies d’eau offrent un moyen de transport commode pour se déplacer à travers l’immensité de la forêt. Sur l’Amazone et les grandes rivières, les bateaux font office de bus, mais pour remonter un affluent secondaire, les voyageurs doivent emprunter une pirogue à moteur capable de franchir les rapides. Si une cascade se présente, les passagers se rassemblent pour porter l’embarcation jusqu’à un lieu plus sûr en amont. « Voyager à travers la forêt pluviale, c’est une aventure exaltante et un privilège, mais c’est aussi un défi, toujours. » nous rappelle Sebastião Salgado.

    Groupe de palmiers jauari au bord de la rivière Jaú. Parc National de Jaú. État d’Amazonas, 2019
  • Des femmes zo’é peignent leur corps avec du roucou. Territoire indigène zo’é. État du Pará, 2009

    Dans des écrits du XVIe siècle, des jésuites ont fait référence à un peuple aux abords du fleuve Amazone, dans la région où se trouve aujourd’hui la ville de Santarém. Les religieux parlaient d’Indiens aux visages ornés d’un cône en bois dans la lèvre inférieure. Puis cette tribu a disparu au regard du monde moderne, jusqu’aux années 1980, quand un groupe d’évangélistes les rencontre à 300 kilomètres au nord de Santarém. On dit que ce peuple doit son nom au premier mot que le premier Indien contacté par les missionnaires a prononcé : « Zo’é », ce qui signifie dans leur langue : « c’est moi ».

    Sebastião Salgado a fréquenté cette tribu de près : « J’ai fait avec eux une longue expédition, qui m’a semblé être un voyage au Paradis : deux mois de marche dans la jungle avec les Zo’é, pendant lesquels, en 2009, j’ai pu visiter tous les villages où vivent les quelque 300 habitants. J’ai suivi les familles dans leur quotidien, les soins de leurs cultures, la chasse et la pêche, d’un bout à l’autre du territoire, alors que j’accompagnais les campements de pêche sur les rivières Cuminapanema et Erepecurú. ».

    Des femmes zo’é peignent leur corps avec du roucou. Territoire indigène zo’é. État du Pará, 2009
  • Paysage de forêt, dans l’archipel de Mariuá, moyen Rio Negro. État d’Amazonas, 2019

    Cette photographie représente une forêt d’igapó ; igapó désigne, au Brésil, les forêts inondées de façon saisonnière, sur les bords des fleuves, par les eaux amazoniennes. Les eaux ne se retirent jamais complètement, les sols restent spongieux. C’est un écosystème où la végétation ne peut réellement fixer ses racines. Très peu de fleurs y poussent. Comme pour d’autres forêts présentes dans les tropiques, il est courant d’observer seulement quelques espèces d’arbres dominantes, ce qui semble être le cas ici.

    Paysage de forêt, dans l’archipel de Mariuá, moyen Rio Negro. État d’Amazonas, 2019
  • Typaramatxia Awá et Kiripy-tan pendant une chasse. Territoire indigène awá‑guajá. État du Maranhão, 2013

    Les Awá-Guajá sont un peuple indigène presque isolé qui réunit environ 450 membres vivant dans le Maranhão, un état du Brésil qui a connu, ces dernières décennies, une intense exploitation forestière illégale.

    Ils vivent aujourd’hui sur deux territoires (Haut-Turiaçu et Carú), qu’ils partagent avec d’autres ethnies – les Ka’apor, les Timbira et les Guajajara – qui sont davantage en contact avec le reste du monde. Aujourd’hui, les Awá-Guajá subsistent dans des zones de forêt encore intactes et ils sont un des derniers peuples de chasseurs-cueilleurs au Brésil. Ils utilisent les matériaux de la forêt pour construire leurs maisons. Ils prélèvent des fruits, du miel et chassent des animaux tels que les tatous (ces petits mammifères possèdent une armure de plaques cornées qui leur sert de carapace et ils se roulent en boule pour échapper à un danger), les pécaris (mammifères semblables à un petit sanglier), les coatis (proches des ratons laveurs) et les singes.

    Typaramatxia Awá et Kiripy-tan pendant une chasse. Territoire indigène awá‑guajá. État du Maranhão, 2013
  • Les cousines Hahani, Tiniru et Ugunja. Territoire indigène suruwahá. État d’Amazonas, 2017

    Les Suruwahá ont choisi de vivre dans un état d’isolement presque total et ils ont conservé leurs traditions culturelles. Pour ces raisons, ce sont les Indiens qui ressemblent probablement le plus à ceux découverts par les premiers Européens à leur arrivée au Brésil. Ils sont quelque 150 individus et leur population augmente (ils étaient 100 dans les années 1980).

    Les Suruwahá parlent une langue de la famille linguistique arawá, comme plusieurs autres groupes qui habitent dans la même zone. Au début des années 1980, pêcheurs, chasseurs et saigneurs d’hévéa – ces hommes qui extraient par incision le latex de l’écorce de l’arbre – ont commencé à menacer la région. Le territoire indigène a été homologué en 1991. Depuis le début des années 2000, les Suruwahá ont bénéficié de la politique dite de « non-contact ». Pour être autorisé à les voir, Sebastião Salgado a dû, comme tous les autres visiteurs, se soumettre au préalable à douze jours d’isolement, afin de prouver qu’il ne portait pas de maladies transmissibles.

    Le portrait des trois jeunes filles que nous trouvons ici, a été réalisé au poste du Secrétariat spécial pour la santé indigène, près de la rivière Pretão.

    Les cousines Hahani, Tiniru et Ugunja. Territoire indigène suruwahá. État d’Amazonas, 2017
  • Chaîne de montagnes du Marauiá. Territoire indigène yanomami. Municipalité de São Gabriel da Cachoeira. État d’Amazonas, 2018

    Le haut Rio Negro où se trouve la ville de São Gabriel da Cachoeira, est situé au coeur du bassin amazonien, dans une aire de frontière trinationale comprenant le Brésil, la Colombie et le Venezuela. La région a été annexée tardivement au Brésil portugais : les premiers contacts entre les Indiens et les Portugais ont eu lieu seulement au XVIIe siècle et l’embouchure du Rio Negro n’a été identifiée et décrite qu’en 1639. Commença alors une profonde saignée démographique des populations amérindiennes, soit capturées pour être réduites en esclavage – vers 1750, on estime 20 000 captifs déportés – soit décimées par les épidémies de variole ou de rougeole. Les commerçants brésiliens s’installèrent après 1830. Le boom du caoutchouc de la fin du XXe siècle accentua la pression sur la main-d’oeuvre amérindienne, emmenée de force vers des zones riches en hévéas. Le résultat fut une déstructuration du mode de vie traditionnel.

    La région est aujourd’hui majoritairement composée de territoires amérindiens, ou « terres indigènes », et d’espaces protégés, constituant un couloir écologique et culturel. Elle est habitée par plusieurs dizaines d’ethnies amérindiennes. À l’écart de toute infrastructure routière, ce vaste ensemble est encore entièrement recouvert de forêt sur une surface d’environ 350 000 km². C’est aujourd’hui une partie du Brésil où les indices de développement sont les plus bas et le réseau urbain très faible.

    Chaîne de montagnes du Marauiá. Territoire indigène yanomami. Municipalité de São Gabriel da Cachoeira. État d’Amazonas, 2018